Un loft dans une ancienne usine à textile Rencontre avec Nelly Cauliez rue Lucien Sampaix

Texte : Alice Duriez Photos : Alice Duriez
Portrait

Direction le quartier branché du Canal Saint-Martin, pour découvrir un studio de 44 m2 dans un ancien bâtiment industriel. Les propriétaires, Nelly Cauliez et Lénaïc Noury, n’ont pas lésiné sur les moyens pour le meubler, matières nobles et mobilier chiné font de cet appartement une véritable œuvre d’art.

Pourriez-vous nous dire deux mots sur l’histoire du bâtiment ?

L’immeuble est un édifice de 1934 réalisé par Léon Schneider qui a développé une façade tout à fait exceptionnelle qui est non sans rappeler celle du grand magasin La Samaritaine face à la Seine à Paris. Cette ressemblance a d’ailleurs donné son nom au bâtiment de L. Schneider : La petite Samaritaine.


Le bâtiment est composé de larges baies vitrées et d’un atrium en son cœur. Entièrement rénové en 2015, l’immeuble a abrité pendant longtemps une société de fabrication de pièces de cordonnerie. Malgré son activité semi-industrielle, le bâtiment a conservé de l’époque art-déco, outre sa façade, plusieurs éléments architecturaux dont une magnifique rampe d’escalier en métal.

Qu’est-ce qui vous a le plus inspiré pour la décoration de cet appartement ?

Nous avons choisi de travailler avec un architecte sur l’ensemble du projet : de la conception des volumes à la mise en espace, jusqu’au design intérieur et le choix du mobilier. Nous souhaitions en effet conserver un maximum de lumière tout en respectant les volumes existants sans trop les partitionner. Parmi les inspirations, la trame dessinée au plafond par un réseau de poutres métalliques et la très grande hauteur sous plafond (3,60m) ont été des éléments fondamentaux. L’espace a alors été conçu comme un petit loft dont les poutres du plafond délimitent les espaces au sol.

Avec quelles matières travaillez vous le plus et avec lesquelles aimez vous travailler ?

Nous avons marié des matières chaudes comme un parquet bois sur mesure de chez Oscar Ono et des matières nobles comme le marbre ou encore le laiton. Le parquet est un une alternance de lattes en bois blanc, tour à tour mates puis brillantes. Les reflets au sol, formés par cette alternance, donnent une forme de vibration à l’espace. La disposition en oblique des lattes accentue cet effet. L’ensemble de la cuisine est un monobloc en marbre blanc de Carrare pour lequel nous avons choisi la pierre en harmonie avec l’espace très lumineux. Les veines du marbre font écho au rythme émis par le parquet au sol. La douche, véritable colonne géométrique, est faite d’une structure en laiton et d’un rideau blanc sur mesure. Des touches de laiton sont distribuées avec parcimonie dans tout l’espace, donnant alors la sensation d’être dans un petit bijou où les murs blancs de l’appartement formeraient l’écrin.
Nous avons aussi joué avec la lumière qui passe à travers le rideau de la douche mais aussi à travers le long rideau blanc qui dissimule un coin « coiffeuse ». Ces lumières créent alors des sortes de light boxes opalescentes.

Quels sont vos objets favoris de cet appartement ?

Nous avons eu un véritable coup de cœur pour l’armoire-dressing d’André Sornay, un designer des années 50. Dans cet espace ultra épuré, chaque pièce mobilière est mise en avant, il fallait donc les choisir avec le plus grand soin. Nous cherchions aussi un meuble pratique avec de grands rangements. Cette armoire, chinée chez un antiquaire franc-comtois, était à l’origine dans un dortoir de lycée avant d’être restaurée. Elle se décompose d’une partie pour ranger des chaussures, d’une penderie et de nombreux rayons. Tout est optimisé. La couleur noire et blanche donne un côté très graphique à l’appartement qui contraste avec le blanc du sol et du bloc cuisine et qui se marie très bien avec la trame du plafond. Notre deuxième coup de cœur est le tapis bleu électrique Beni M’Guild. Lui aussi vintage et chiné chez Paris Berbère, il date de 1970. Très grand et très épais il apporte une note de chaleur complémentaire. Il fait aussi écho à mes propres origines marocaines.

Où avez-vous l’habitude de chiner ?

De nombreuses pièces ont été achetées chez Pamono ou encore Proantic comme un chevet, une table en métal tous les deux datés de 1930 ainsi qu’un lampadaire en laiton de 1960. Nous avons aussi sélectionné des pièces contemporaines chez Rochebobois, Ligne Roset pour le canapé ou pour le miroir Belize du japonais Kensaku Oshiro, mais aussi chez Thonet Viennat pour le fauteuil de Nicola Gallizia que nous avons fait retapisser en couleur safran.

Qu’est-ce que vous appréciez le plus dans votre quartier ? Recommandez-nous quelques adresses

Tout naturellement la proximité avec le Canal Saint-Martin à 50m. La rue Lucien Sampaix est aussi très commerçante avec une foule de boutiques et de restaurants de qualité. Le premier d’entre eux est le restaurant Les vinaigriers : des plats simples et délicieux, tout est fait maison, un vrai régal ! Nous adorons aussi la boulangerie LIBERTÉ, qui, au-delà de ses viennoiseries et autres gâteaux fameux, passe toujours une superbe sélection de musique lorsque vous attendez votre tour pour commander !

Studio disponible à la location


Les adresses de Nelly Cauliez & Lénaïc Noury

Paris Berbère
Tapis berbères marocains vintage et contemporains
62 Rue Crozatier, 75012
01 43 43 48 12

Ligne Roset
Ameublement haut de gamme contemporain

Rochebobois
Décoration, meubles et canapés design

Gebrüder Thonet Vienna
Ameublement de caractère, entre tradition et innovation

Pamono
Ressource design pour une vie moins ordinaire

Proantic
Antiquités et objets d’art présentés par des antiquaires professionnels

Oscar Ono
Agence design spécialisé dans la fabrication de parquets haut de gamme en bois

Les Vinaigriers
Néo-bistrot
42 rue des Vinaigriers, 75010
01 46 07 97

LIBERTÉ
Pâtisserie-boulangerie avec salon de thé au cadre soigné
39 rue des Vinaigriers, 75010
01 42 05 51 76