6 raisons de louer un appartement en dernier étage

Texte : Pascale Pessin-Loiseau Photos : BAF
Essentiels

Vous l’avez remarqué, récemment les appartements situés au dernier étage sont devenus très demandés. Ils sont d’autant plus appréciés qu’ils se font rares. C’est évident, il n’y a qu’un seul dernier étage par immeuble. Pourtant ce n’est pas la pénurie de biens disponibles qui fait leur valeur mais plutôt leurs qualités exceptionnelles. Ces lieux nous inspirent, favorisent l’introspection, l’équilibre, l’optimisme, nous mettent en confiance et sont meilleurs pour notre santé. Autant de particularités devenues indispensables dans nos nouvelles vies avec la Covid.

Appartement au dernier étage baigné de lumière

Prendre de la hauteur
Que l’on soit sous les toits d’un bel immeuble haussmannien ou au sommet d’une construction moderne, plus on s’élève physiquement plus l’esprit gagne en sérénité. Là-haut, on domine l’histoire du regard : Paris nous appartient. D‘ailleurs, la plupart des dirigeants ne s’y trompent pas. Où pensez-vous qu’ils décident d’installer leur bureau : au dernier étage ou au rez-de-chaussée ? Vous voyez. Moins de bruit, plus d’air, pas de vis-à-vis : au dernier étage la ville se fait discrète tout en restant accessible. Elle nous inspire, nous galvanise et nous apaise. C’est un peu comme si le dernier étage réussissait le pari de nous permettre de vivre au cœur de la cité comme à la campagne ; profiter des avantages de la vie urbaine sans ses inconvénients.

Élargir son horizon
Au dernier étage, on bénéficie d’une vue imprenable. Rien n’arrête le regard. Les grands espaces sont à nous. Et si en plus on a accès à une terrasse, on entre dans une nouvelle dimension. Au pied d’un océan de toits de zinc, de pierre ou de surfaces végétalisées, avec le ciel pour horizon et la Tour Eiffel, Notre-Dame ou la tour Montparnasse qui brille comme un phare allumé dans la nuit, on se sent pousser des ailes. L’espace extérieur est illimité. Ça n’a pas de prix, il faut le reconnaître. Bien que, et c’est l’envers de la médaille, les derniers étages sont en moyenne 20% plus chers que la location soit vide ou meublée. Une information importante à prendre en considération avant de se laisser séduire par une location sous les toits.

Vivre au calme
Loin du tumulte de la rue ou du boulevard, protégé par le feuillage des arbres et de la végétation de plus en plus présente en ville, on vit dans les derniers étages comme dans une bulle. Nous sommes isolés. Les bruits de la capitale sont assourdis et nous parviennent comme un murmure. Autre avantage non négligeable : personne n’habite au-dessus de nos têtes. Pas de voisins indélicats qui font les cent pas au milieu de la nuit. Moins de nuisance des voisins en cas de fête intempestive. Seul le bruit de la pluie sur le zinc viendra éventuellement perturber notre sommeil mais c’est tellement romantique ! Et puis, si on craint de ne pas le supporter, il suffit de vérifier l’isolation phonique avant de s’installer ou de demander quelques aménagements au propriétaire. Il y a toujours une solution.

Voir la vie en rose
Tous les appartements au dernier étage sont baignés de lumière. Le soleil y entre à flots et même par temps couvert la luminosité y est optimale. Rien de tel pour lutter contre la fatigue et booster ses défenses immunitaires. Les effets bénéfiques de la lumière sur la santé sont multiples : sommeil, humeur, mémoire, capacités d’apprentissage… En passant par la rétine de l’œil, la lumière régule notre métabolisme et resynchronise notre horloge biologique. Et que dire de la joie ressentie devant le spectacle d’un sublime coucher ou lever de soleil. Lorsque le ciel flamboie et que le soleil rougeoie nous entrons en symbiose avec la nature. Moment magique qui se renouvelle chaque jour. Vivre au dernier étage est assurément le meilleur antidépresseur naturel !

Être en sécurité
Les appartements du dernier étage sont plus rarement visités par les cambrioleurs. Plus difficiles d’accès et plus dangereux pour les voleurs qui se font facilement repérer en traversant les étages, ces logements sont protégés par leur situation. Il faut juste vérifier et sécuriser les éventuels passages par les toits. On peut alors y dormir fenêtres ouvertes sans crainte d’intrusion. Autre bénéfice, les dégâts des eaux y sont rares et jamais provoqués par nos voisins du dessus… Aucun risque non plus de travaux intempestifs au-dessus de nos têtes. En fait, les appartements du dernier étage ont des allures de maison de ville sans leurs inconvénients.

Se protéger de la pollution
Plus on monte, plus la qualité de l’air ambiant s’améliore. Moins de pollution, moins de poussière : les appartements du dernier étage sont plus sains. L’air qu’on y respire est plus pur. En 2008, Airparif a mesuré la qualité de l’air dans différents lieux plus ou moins éloignés du périphérique. Comme on s’y attendait, l’étude montre que plus on est proche de la voie rapide, plus la présence de polluants est importante. Jusqu’à trois fois plus que dans les quartiers voisins. Mais, surprise ! Des capteurs ont été également placés à différents étages des immeubles les plus exposés et on constate que les niveaux de pollution se réduisent à mesure que l’on s’élève dans les étages. Très forte au rez-de-chaussée, elle baisse de 36% dès le deuxième étage !

Comment bien choisir son appartement au dernier étage
L’idéal est de s’installer dans un appartement avec vue au 6e étage ou même au 7e étage d’un immeuble haussmannien. Autrefois étage non noble réservé aux domestiques qui vivaient dans des « chambres de bonne » avec toilettes sur le palier, les derniers étages de nombreux immeubles parisiens ont été transformés en appartement de luxe ou en loft. Si vous achetez ou louez un dernier étage à Paris, faites bien attention à l’isolation des combles car il peut faire chaud l’été et froid l’hiver. Par exemple, vérifiez que la charpente et la toiture ont été rénovées récemment. Vous pouvez aussi demander l’autorisation à la copropriété d’installer la climatisation pour ne pas être trop exposé à de fortes températures.

« L’homme au balcon » peint par Gustave Caillebotte vers 1880. Le chic monte en étage. Autrefois l’étage noble était au 2e puis s’est élevé au 3e. Aujourd’hui il atteint le dernier étage.